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Signification Héraldique du Blason

« Le blason comporte en son centre la “fasce bretessée” qui évoque l’étymologie de Bretèche (1). Les trois quintefeuilles symbolisent la forêt de Marly-le-Roi dont une partie importante (400 ha) se trouve sur le territoire de la commune ».
« Le lion à queue “fourchée” est extrait du sceau d’Amaury VI de Montfort, apposé à une charte de l’an de Grâce 1226, baillée en faveur des Moines de l’abbaye des Vaux-de-Cernay (2) ».
« La couronne murale à trois tours est le symbole que portaient les déesses grecques tutélaires des cités ».
(Extrait du livre des “Amis de Saint Nom la Bretêche” : “Saint Nom la Bretèche - Quatre Hameaux pour un Village”)

La devise latine « Angulus Ridet » signifie « Ce coin nous sourit »

(1) Bretèche : du celte « Breit Eiche », large chêne, et nom d'un ouvrage militaire de charpente en saillie, s'ouvrant à la partie inférieure par de larges mâchicoulis. Architecture spéciale permettant le tir fichant. Cet élément de fortification existait à l'entrée de la forêt, aujourd'hui près du Clos de la Motte.
(2) Les Moines de l ’abbaye des Vaux-de-Cernay ont fondé la Ferme de Saint-Nom.



Histoire du Village

Le Village tire son nom de celui d'un chorévêque du IXème siècle, Saint Nonne, qui réévangélisa le pays dépeuplé après les invasions normandes, et de la Bretesche, forteresse de bois, (breit eiche, gros chêne) le principal “écart” (*) en bordure de la forêt de Cruye.
Le hameau se nomma longtemps Saint-Nonne au val de Galie, nom de la paroisse, puis nous trouvons Saint-Nom près la Bretesche et aujourd'hui Saint-Nom-la-Bretèche, avec une parenthèse pendant la Révolution où la commune fut dénommée La Montagne Fromentale puis l'Union la Bretesche.
Les “écarts” d'Avinières, Val-Martin, La Tuilerie-Bignon dépendaient de nombreux seigneurs, des Dames de Poissy et de l’abbaye des Vaux-de-Cernay. La Bretèche, enclavée dans le parc de Marly au nord, Saint-Nom dans le parc de Versailles au sud, le village a bien du mal à unifier son identité.
La croissance démographique de ces dernières années a relié ces différents “écarts” et permis de construire un “Centre Village”.

Cliquez pour télécharger le plan
Plan d’intendance de 1787
A télécharger depuis le site des Archives Départementales des Yvelines (1,85 Mo).

(*) écart : localité proche.

 


Saint-Nom : L’ancienne Mairie

La Bretèche : Le Boulevard des Plants

Quatre Hameaux pour un Village

La Commune de Saint-Nom-la-Bretèche est formée à l'origine de quatre hameaux : Saint-Nom, La Bretèche, Valmartin et La Tuilerie Bignon. S'y est ajouté, fin XXème siècle, un cinquième hameau constitué d'une partie du Vallon de Chavenay.

Panorama de Valmartin

Vue générale de la Tuilerie-Bignon

La Ferme de Saint-Nom, donnée par un seigneur de Poissy aux moines des Vaux-de-Cernay en 1228, a bénéficié de nombreuses donations. Parcelle après parcelle, les moines cisterciens ont fait de ce domaine agricole une ferme modèle aux bâtiments ordonnés autour d'une cour intérieure.
Vendue comme bien national à la Révolution, elle a été profondément remaniée aux XVIIème et XIXème siècles ; elle est transformée aujourd'hui en logements. Seul son nom, inscrit sur le porche, en rappelle le souvenir.
Le Château de la Bretèche (propriété privée), fief de la famille de Pomereu pendant plus de deux siècles, sera vendu au roi Louis XIV en 1700, pour le Comte de Toulouse (fils légitimé du roi et de Madame de Montespan) qui y mettra ses équipages de chasse. De nombreux seigneurs châtelains s'y sont ensuite succédés, dont Jean-Pierre Richard, père du peintre et graveur Jean-Claude Richard, “Abbé de Saint- Non”, mécène de Fragonard.
La Tuilerie-Bignon, elle aussi enclavée dans le grand parc de Versailles, est le cadre de l'un des plus prestigieux golfs français, de renommée internationale.
L'église, à l'origine simple bâtiment de la grange dimière de la ferme de Saint-Nom, est défendue par une tour de guet dès le XIIème siècle. Agrandie, ruinée, remaniée à plusieurs reprises, elle a été récemment restaurée.
La Ferme de Valmartin était le siège d'une seigneurie jusqu'en 1600 lors de sa vente aux religieuses du couvent royal des Dames de Poissy. Transformée en ferme, elle abritait à la fin du XVIIIème siècle un élevage de moutons Mérinos. Elle fut aussi vendue comme bien national à la Révolution.
L'antique forêt de chênes n'est plus “forêt de Cruye” mais devient “forêt de Marly” et couvre un tiers de la commune.

Démographie

L’évolution démographique sur cinq siècles et demi à Saint-Nom-la-Bretèche, marque une croissance continue de la population jusque vers 1800, suivie d’une diminution constante au XIXème siècle, pour atteindre son plus bas niveau dans la période 1901 à 1921. Elle stagne alors autour de 620 habitants mais amorce, à la veille de la première guerre mondiale, une éphémère remontée, allant jusqu’à 649 âmes en 1911. Ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que la population du village prendra son essor, et tout particulièrement depuis 1970, passant de 1000 à aujourd’hui 5000 résidants.
Les origines géographiques
Fin XIXème et début XXème siècle, l’immigration est essentiellement bretonne, mais aussi dans une moindre mesure en provenance de la Beauce, du Nord-Pas de Calais et de Belgique. Bien qu’elle augmente de 1906 à 1921, elle ne compense pas les départs du village. Si l’activité principale reste l’agriculture, l’évolution des techniques favorise l’apparition de nouveaux métiers qui s’exercent peu en milieu rural. Les nouveaux arrivants viennent d’une cinquantaine de départements (et de quatre ou cinq pays étrangers), soit plus de deux cents communes françaises dont seulement une soixantaine dans l’ancienne Seine-et-Oise. Le rayonnement de Saint-Nom-la-Bretèche est déjà grand et porte loin !
Quant à la mobilité de nos anciens, on peut s’en faire une idée en remarquant que seul un habitant sur dix est recensé sans interruption dans la commune au long de ces vingt années.
Aujourd'hui, la proximité de Paris, de La Défense, de Saint-Quentin-en-Yvelines et du Lycée Internationnal de Saint-Germain-en-Laye attire nombre de résidants étrangers, venus pour le compte de leur entreprise, en mission temporaire dans notre pays.

(Source : ‘‘Les Amis de Saint Nom la Bretêche’’, Association d'Histoire Locale du Pays de Gallie)

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Jacques KOSCIUSKO-MORIZET (1913-1994)
une vie consacrée au rayonnement international de la France



maire de saint-nom-la-bretèche de 1977 à 1994

Les anciens de Saint-Nom la Bretèche se souviennent tous de Jacques KOSCIUSKO-MORIZET qui, en tant que Maire (1977-1994), ne manquait jamais de mettre en valeur sa commune et ses habitants. Ayant grandi à Saint-Nom la Bretèche, j’ai moi-même gardé un souvenir très net de ses talents d’orateur dont il usait (souvent sans note) pour ouvrir chaque manifestation locale. Je me souviens aussi du jour où il présenta avec fierté aux habitants de Saint-Nom une jeune femme alors âgée de 27 ans, sortie de l’Ecole polytechnique - sa petite-fille Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET -, avec laquelle il nouait une affection toute particulière.
L’objet de cet article est de montrer que l’investissement local de Jacques KOSCIUSKO-MORIZET ne peut masquer les autres aspects de sa carrière de haut-fonctionnaire, presqu’entièrement consacrée au rayonnement international de la France.

Les origines : une célèbre famille de noblesse polonaise

Né le 31 janvier 1913, Jacques KOSCIUSKO est issu d’une ancienne famille polonaise dont le nom était entré dans la postérité depuis la fin du 18ème siècle. Son père, Charles KOSCIUSKO, ingénieur des travaux public à la ville de Paris, était un descendant direct de Józef Tomasz KOSCIUSKO, frère aîné du héros national polonais Tadeusz KOSCIUSKO (1746-1817). Sa mère, qui avait obtenu un Premier Prix d’Harmonie au Conservatoire de Paris, s’était consacrée à l’enseignement du chant, ce qui lui laissa le temps de mieux suivre et de soutenir les brillantes études de son fils.
Jacques KOSCIUSKO intégra Henri IV, après sa scolarité au lycée ROLLIN. Il est ensuite admis à l’Ecole Normale Supérieure, où il prépara avec succès l’agrégation de lettres ; parallèlement, il poursuivit des études de sociologie, aux termes desquelles il obtint une licence.
Le 25 août 1939, il se maria à Marianne MORIZET, née en 1910, fille d' André MORIZET (1876-1942), sénateur-maire SFIO de Boulogne-Billancourt. En hommage à André MORIZET, il accola à son patronyme celui de sa belle-famille ; cette association de noms de famille était justifiée par l’absence de descendance mâle chez les MORIZET; mais, déjà, c’était aussi le signe d’un attachement à certaines idées politiques de son beau-père : Jacques Kosciusko-Morizet n’a jamais caché ses premières orientations politiques à gauche, notamment son adhésion aux jeunesses socialistes, puis à l’UDSR-RDA, où il cotoya François MITTERAND, René PLEVEN et Félix HOUPHOUET-BOIGNY.
De son union avec Marianne Morizet naquirent quatre enfants ; Jacques KOSCIUSKO-MORIZET est notamment le père de François KOSCIUSKO-MORIZET, maire de Sèvres et vice-président du conseil général des Hauts de Seine ; il est le grand-père de Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, Secrétaire d'État à la prospective et au développement de l'économie numérique auprès du Premier Ministre, et de Pierre KOSCIUSKO-MORIZET, dirigeant-fondateur du site de vente en ligne PriceMinister.

Un enseignant engagé dans la Résistance

Mobilisé en 1939 comme sous-lieutenant au 129ème Régiment d’infanterie, il participa à la défense de Dunkerque en juin 1940 ; fait prisonnier, il est mené dans un oflag (offizier-lager) près de Hanovre, d’où il s’échappa, avec l’appui de son épouse et d’un petit groupe de résistants ; ses camarades de captivité s’appellaient Max LEJEUNE et Georges GOSNAT.
A son retour à Paris, il est écarté de son poste d’assistant à la Sorbonne ; ses affectations successives furent d’abord Grenoble (lycée CHAMPOLLION), ensuite Saint-Maur-des-fossés en 1942 (lycée MARCELIN-BERTHELOT), où il retrouva un ancien de l’Ecole Normale supérieure, Léopold SENGHOR, enfin Paris en 1943 (lycée BUFFON). Il poursuivait dans la clandestinité ses activités au sein de la Résistance, puis participa activement à la Libération de l’Hôtel de ville de Paris, en étant notamment chargé d’accueillir les troupes du Général Leclerc.

Son entrée dans la politique comme haut-fonctionnaire

En 1944, il est de nouveau admis en Sorbonne en tant qu’assistant à la faculté de lettres, pour y dispenser des cours de littérature française, et assura parallèlement la fonction de chef de cabinet du secrétaire général de la Préfecture de Paris. Il retrouva à cette époque d’autres normaliens, tels Georges POMPIDOU et René BROUILLET.
En 1946, il est admis comme professeur à l'université Columbia ; malgré l’attrait d’une carrière américaine, il préféra rapidement revenir en France pour participer à sa reconstruction. Il reprit alors une carrière de haut-fonctionnaire.
Il devint d’abord directeur-adjoint du cabinet de Léon BLUM, qui était Président du gouvernement provisoire en 1946-1947 ; il a dit de cette mission qu’elle fut « l’une des périodes les plus riches et les plus remplies » de sa carrière ; il fit ensuite un long passage remarqué comme directeur du cabinet civil du Président de et du secrétaire général du RPR (1988 à 1990).

Sa participation à la vie de Saint-Nom la Bretèche

Jacques KOSCIUSKO-MORIZET  était conseiller municipal à Saint-Nom la Bretèche depuis 1959 ; il se fit élire Maire de sa commune à partir de 1977, jusqu’à sa mort le 15 mai 1994. Son corps fut exposé dans la grande salle de la mairie ; de nombreuses personnalités locales et nationales – dont Marie-France GARRAUD –, ainsi qu’une partie de la population, vinrent lui rendre un dernier hommage civil, avant la levée du corps et son enterrement dans le cimetière communal.
Son action à Saint-Nom la Bretèche avait été résolument tournée sur l’international : Jacques KOSCIUSKO-MORIZET  fit notamment de sa commune une terre d’accueil des cadres étrangers.
Féru de sport et de musique, cet esthète mit aussi un point d’honneur à développer les activités sportives et culturelles – comme en témoignent les périodiques Trophées Lancôme et les salons d’automne dédiés aux créations artistiques locales. C’est à lui que l’on doit la création du concours international de la musique et l’invitation périodique de grands artistes (telle France Clidat) sur le territoire de la commune.
Il a également poursuivi l’effort de jonction des plus gros hameaux de sa ville – Saint-Nom et la Bretèche – en facilitant, à la frontière de ces deux territoires, la construction d’un grand espace culturel – qui porte aujourd’hui son nom – et celle, dans le cadre d’un concours d’architectes, du centre-village, à l’image de ces grandes et belles fermes d’Île-de-France.
Il assistait enfin avec assiduité à toutes les cérémonies d’anciens combattants ; décoré de l’ordre de la Légion d'honneur (Grand Officier), titulaire de la Croix de guerre 1939-1945 et de la médaille de la résistance avec Rosette, il assumait la fonction de Président d'honneur de la Confédération européenne des anciens combattants.
Depuis son décès, l’influence de Jacques KOSCIUSKO-MORIZET sur la ville de Saint-Nom la Bretèche se mesure encore tous les jours ; en revanche, ses activités politiques d’envergure nationale et internationale mériteraient d’être mieux connues ; un dépouillement de ses archives personnelles, versées par Mme KOSCIUSKO-MORIZET en 1999 aux Archives Nationales, un recensement de ses écrits et une relecture des mémoires de Léon BLUM et de Vincent AURIOL – qui le cite souvent dans ses ouvrages - pourraient permettre d’éclairer ces périodes passées au service de la Républiques française et de son rayonnement international.

 

Franck PETIT, Professeur d’université
membre des Amis de Saint Nom la Bretêche



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Mise à jour :

31-08-2009